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Appel du mois (Août 2016) MAURITANIE

N’acceptons pas cette nouvelle vague de répression à l’encontre de l’IRA !

Au moins neuf cadres et membres de l’Initiative pour la Résurgence du mouvement abolitionniste en Mauritanie (IRA) sont en prison. Les autorités leur reprochent d’être les instigateurs des heurts survenus à Nouakchott le 29 juin 2016, lors d’une opération de déplacement de populations installées sur un terrain privé. Une nouvelle fois l’IRA fait l’objet d’une vague d’arrestations arbitraires.

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Intervenir avant le 30/08/2016

Le 30 juin, Amadou Tijane Diop, troisième vice- président de l’IRA et Abdallahi Maatalla Seck, coordonnateur de la section IRA de Sebkha, sont arrêtés par la police à leurs domiciles, à Nouakchott. Dans les jours qui suivent, sept autres cadres et membres de l’IRA sont arrêtés à leurs domiciles ou sur leurs lieux de travail : Balla Touré, chargé des relations publiques, et les militants Jemal Beylil, Salem Vall et Moussa Biram. Après avoir demandé la libération de leurs collègues au cours d’une conférence de presse, Hamady Lehbouss, porte-parole (photo), Ahmed Hamady, trésorier et Khatri Rahel Mbareck, coordonnateur du comité de la paix, sont arrêtés le 3 juillet. Ils sont détenus pendant plus d’une semaine incommunicado : aucune visite, ni famille ni avocat ni médecin. Dans la nuit du 11 au 12 juillet, vers 4h30 du matin, ils sont entendus – sans avocats – par le parquet, en compagnie de quatorze autres personnes arrêtées à l’issue des heurts du 29 juin survenus dans le bidonville de Gazra à Nouakchott. Plus tard, le procureur les inculpe de « rébellion, usage de la violence, agression envers les dépositaires de la force publique, appartenance à une organisation non reconnue ». Ils sont conduits à la prison de Dar Naim.
Les autorités considèrent que l’IRA porte la responsabilité des affrontements du 29 juin. Plusieurs policiers ont été blessés par des habitants de Gazra. Mais la justice n’en détient pas de preuve. La justice, peu indépendante, opte manifestement dans cette affaire pour une procédure de flagrant délit alors que les neuf membres de l’IRA n’ont été arrêtés que les jours suivants.

Une volonté de réduire à néant l’IRA-Mauritanie

Depuis la création de l’IRA-Mauritanie en 2008, les autorités mauritaniennes n’ont toujours pas reconnu le statut officiel de cette association, malgré plusieurs demandes en ce sens. Au contraire, depuis des années, ses membres font l’objet d’intimidations, de menaces de mort, d’arrestations et de harcèlements judiciaires. Pourtant l’IRA développe des antennes à travers tout le pays au sein de la communauté harratine (musulmans négro-mauritaniens victimes d’esclavage) et, au niveau international, avec les associations de lutte contre l’esclavage.
Début novembre 2014 l’IRA-Mauritanie entreprend une campagne de sensibilisation de plusieurs villages de la vallée du fleuve Sénégal aux problèmes de l’esclavage foncier. Les autorités mauritaniennes y voient l’occasion d’arrêter le président de l’IRA-Mauritanie, Biram Dah Abeid le 11 novembre. Puis, la répression contre l’IRA s’accentue : interdiction de manifestations de soutien aux personnes arrêtées, nouvelles arrestations de sympathisants et militants de l’IRA, fermeture du siège de l’IRA. En janvier 2015, Biram Dah Abeid est condamné à deux ans de prison pour « appartenance à une organisation non reconnue, rassemblement non autorisé, appel à rassemblement non autorisé et violence contre la force publique ». Le 17 mai 2016, la Cour Suprême requalifie les faits en « attroupement maintenu après les premières sommations », passible de deux mois à un an de prison selon la loi. Après 18 mois de détention M. Dah Abeid est libéré sur décision de la justice.

Une abolition de façade de l’esclavage ?

Malgré son abolition officielle en 1981 et sa criminalisation en 2007, l’esclavage reste une pratique endémique en Mauritanie et les esclavagistes jouissent trop souvent d’une impunité notoire qui met en danger les victimes et les défenseurs qui les soutiennent.

Logo de l’article : Tintoret, « Le Miracle de Saint-Marc », délivrant l’esclave

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