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Appel du mois de juillet 2015 - Erythrée

VIOLATIONS SYSTÉMATIQUES DES DROITS HUMAINS ET DES LIBERTÉS FONDAMENTALES
Intervenir avant le 23/07/2016

Situation

Sur la corne de l’Afrique, les terres arides de l’Erythrée (121144 km²), abritent un régime autoritaire des plus implacables et des plus fermés au monde. Bien que le pays, indépendant depuis 1993, ait ratifié le Pacte relatif aux droits civils et politiques en 2002 et le traité des Nations unies contre la torture en 2014, les droits fondamentaux et la liberté d’expression y sont cruellement bafoués. A telle enseigne que l’Erythrée est souvent comparée à la Corée du nord et que sa direction est dite atteinte de délire « obsidional » (paranoïaque). Des milliers de personnes sont maintenues en détention dans des conditions indignes et dégradantes. Dans son rapport 2015 sur les prisonniers, Amnesty International écrit : « Parmi eux se trouvent des personnes ayant émis des critiques à l’adresse de la politique et des mesures gouvernementales, des journalistes arrêtés en raison de leur travail, des opposants putatifs au régime ou simplement des individus pratiquant leur foi et dont la communauté confessionnelle n’est pas officiellement reconnue », comme les membres des églises pentecôtistes ou évangélistes, interdites.
Schématiquement, une moitié de la population appartient à la communauté musulmane sunnite ; l’autre, à l’église érythréenne orthodoxe.
Le rapport d’Amnesty pointe également des individus désireux de se soustraire à leur service militaire ou de s’exiler, ainsi que des personnes proches de la diaspora. Il n’est pas rare que leur trace s’efface. En effet, nombre de prisonniers d’opinions se trouvent depuis plus de deux décennies derrière les barreaux, sans mise en accusation formelle, ni procédure judicaire engagée à leur encontre.

Détention au secret : madame Fissehatsion

Ainsi, Aster Fissehatsion a été emprisonnée le 18 septembre 2001, sans chef d’accusation. Depuis, bien qu’aucune procédure judicaire n’ait été engagée à son encontre, elle est gardée à l’isolement. Elle avait été interpellée avec dix autres dissidents, tous des opposants au gouvernement appartenant au groupe « G-15 ». L’ex vice-président de l’Erythrée, Mahmoud Ahmed Sheriffo, son époux d’alors, fait aussi partie des personnes arrêtées.

Traitement réservé au Groupe des 15 et aux dissidents

C’est à partir de 2001 que des voix commencent à s’élever contre le gouvernement sans partage du Front populaire pour la Démocratie et la justice (People’s Front for Democracy and Justice -PFDJ), et les procédés dictatoriaux du président Issayas Afeworki. En exercice depuis 1991, il dirige à la fois le pays et le parti. La critique s’amplifie lorsqu’en mai 2001, quinze militants éminents du parti- formant le G15 - adressent une lettre à ses membres. Les abus du régime y sont répertoriés. En outre des propositions pour les contrer s’y trouvent énoncées. Le G15 a par ailleurs l’outrecuidance d’exiger du président une « approche constitutionnelle », lors de rassemblements du PFDJ. Il exige également le démarrage de la réforme judiciaire annoncée.
En aout 2001, le secrétariat général du PFDJ tance le « G-15 » pour tentative de déstabilisation du pays. Le groupe répond par une nouvelle lettre ouverte sollicitant la mobilisation du peuple érythréen pour résoudre les problèmes nationaux. Dans la soirée du 18 septembre 2001, onze membres du G15 sont incarcérés.
Les tortures et autres mauvais traitements des prisonniers sont monnaie courante. Les détenus peuvent être frappés, attachés dans des positions extrêmement douloureuses, exposés à des conditions climatiques extrêmes ou encore soumis à de longues stations en cellule d’isolement. Les conditions pénitentiaires correspondent à des traitements cruels inhumains et dégradants. Un certain nombre de détenus sont enfermés dans les cales de cargos, dans des containers de métal ou des cellules souterraines, au coeur de régions désertiques connaissant de grandes amplitudes thermiques, c’est à dire une alternance de chaleur et de froidure extrêmes. Les prisonniers sont privés d’eau potable et d’une alimentation saine. Il va sans dire que tout traitement ou soin médical leur est dénié.
Amnesty détient également des preuves du décès en captivité des journalistes arbitrairement écroués Dawit Habtemichael, Mattewos Habteab et Sahle Tsegazab. Le gouvernement n’a fait aucune déclaration, n’a entamé nulle enquête sur ce sujet.

Nous vous invitons à écrire aux autorités en utilisant le modèle de lettre ci-joint et à en adresser une copie aux ambassades dont l’adresse se trouve reproduite sur la lettre.
Affranchir à 0,72€ pour la Belgique et à 1,32 pour l’international.

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