Pour un monde sans torture ni peine de mort !
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Intention de prière

"Ainsi parle le Seigneur Dieu : Ne le savez-vous pas ?...

...Encore un peu, très peu de temps,...
Les sourds ... entendront les paroles du livre.
Quant aux aveugles, sortant de l’obscurité et des ténèbres,
leurs yeux verront. Les humbles se réjouiront de plus en plus
dans le Seigneur, les malheureux exulteront en Dieu, le Saint d’Israël.
Car ce sera la fin des tyrans, l’extermination des moqueurs,
et seront supprimés tous ceux qui s’empressent à mal faire,
ceux qui font condamner quelqu’un par leur témoignage,
qui faussent les débats du tribunal et sans raison déboutent l’innocent."

( d’après Isaïe 29, 17-21)

Appels à intervention
La lettre de l’ACAT novembre 2021 – action !

Chers amis,

Aujourd’hui, 31 octobre, nous célébrons la fête de la Réformation, révolution, éveil fabuleux des consciences, avec la publication des 95 thèses de Luther. Martin Luther selon lequel « Le vrai trésor de l’Église est l’Évangile de Jésus-Christ » ; demain, la fête de tous les Saints, sera la plus importante pour la communauté catholique. Le 2 novembre sera consacré au Souvenir et, cette année, nous pouvons penser à notre soeur Janette jadis si pétulante qui nous a quittés au cœur de l’été.

Ce mois-ci la « Lettre » vous sera remise en deux parties, à cause des congés d’automne, d’une part, et la confection des appels urgents du mois - impatients d’aller à vous, chers sympathisants- étant achevée, d’autre part, depuis plus de 72 heures. Mais surtout nous avons une REQUÊTE URGENTE à vous adresser.

Cette requête est la suivante : nous vous prions de bien vouloir adresser vos éventuels témoignages-(votre vécu-) concernant la journée du 26 juin 2021, en utilisant l’adresse acat.belgique@gmail.com.

En effet, nous sommes occupés à constituer et mettre au point notre prochain numéro de l’ACAT Info, et désirons nous faire dans ce numéro l’écho de vos méditations, prières et célébrations.

A l’heure où la terre s’endort, où les jours rétrécissent et les feuilles tombent, « n’insonorisons pas notre cœur » et »sortons de nos routines fatiguées » (Sa sainteté le Pape François). Ensemble privilégions le débat et cherchons des idées nouvelles, dans l’esprit œcuménique qui constitue le fondement et le ferment de notre Action.

Bonne continuation.
Fraternellement à votre disposition

Cécile Auriol (ACAT- Belgique)

La lettre de l’ACAT octobre 2021

Chers amis,

Ce mois-ci nous vous proposons une sélection sui generis, qui constitue le fil rouge des préoccupations de notre ACAT.
A la Une, la Journée mondiale contre la peine de mort, dans 4 jours exactement. ( Ce qui implique que vous recevrez encore un mail de nous, avec de la documentation et cette Newsletter complète et optimisée sous format réduit, et dont vous devez vous débarrasser s’il est indésiré).
Nous avons par ailleurs reçu"des plaintes " concernant les adresses emails réfractaires des destinetaires de nos appels urgents. Réponses en rouge, dans le corps de la newsletter.
Vous pouvez vous exprimer via acat.belgique@gmail.com, je suis à votre diposition.
Bonne continuation et bon mois d’octobre !

Cordialement,

Cécile Auriol (ACAT- Belgique)

La lettre de l’ACAT septembre 2021 – action et prière-

Chers amis,
Pour la plupart d’entre nous, la rentrée est déjà derrière nous. Que celle-ci soit honnie ou redoutée, ou au contraire, vivement attendue, nous devons faire face et reprendre le cours normal de nos activités. (Retrouvez ici l’animation audio du 2 septembre 21 de notre Pasteur Isabelle).
Quant au QG itinérant (flottant, volant), en tout cas, délocalisé de l’ACAT- Belgique, il a certes rencontré des difficultés de taille pour cette reprise, mais a finalement le plaisir de vous adresser ses premières actions urgentes, dans un format peu habituel.
Que l’espérance nous procure la force, la constance et l’intelligence pour combattre non seulement l’inéluctable adversité, mais aussi l’injustice et l’arbitraire qui hélas meurtrit (de plus belle ?) les peuples de la terre.
Pour lutter et continuer, demeurons impavides, fermés et sourds aux paroles de discorde. Restons sereins et unis, dans l’esprit acatien des origines.
Vous pouvez vous exprimer via acat.belgique@gmail.com.
Belle suite de rentrée !

Cordialement,

Cécile Auriol (ACAT- Belgique)

La lettre de l’ACAT -actualités, action – Aout 2021

Chers tous,
A l’ACAT, nous allons toujours contre la torture. En pensée, ou par la prière, nous marchons aussi aux côtés de ces jeunes Acatiens qui sillonnent à vélo le bocage normand, ainsi que nous l’a appris Google Alerts, en portant la cause de Germain Rukuki.
Quant à vous Tous, nous espérons que vous vous portez tous bien et que cela durera.
Ce mois-ci, nous ne vous proposerons, dans un premier temps, qu’un seul appel estampillé « Belgique » : nous sommes en vacances n’est-ce pas ? Les actualités de la FIACAT sont d’ailleurs un peu celles du mois passé avec ici, le rapport CAT de notre coalition d’organisations de la société civile, soumis à l’examen de l’ONU en juillet, et là, le rapport EPU examiné par le Conseil des droits de l’homme des Nations unies, avec lien vers chronique RCF.

Cordialement, et merci à ceux qui, hors du « cercle des administrateurs », nous soutiennent, particulièrement à François(e), T-M, Béa, Daniel, Jacques, Yannick et Henri… Ils se reconnaîtront !

A bientôt !

Cécile Auriol (ACAT- Belgique) Exprimez-vous (acat.belgique@gmail.com).

La lettre de l’ACAT -actualités, action – Juillet 2021

Chers tous,

A l’ACAT, cet été, « [nous irons] avec cette force que [nous avons] » (Juges 6:14, motto de la Nuit des Veilleurs 2021). Certainement, nous ne baisserons pas la garde à la faveur de l’été et nous ne nous laisserons pas endormir par les bons mots qui, ces jours-ci, fusent de toute part, alors que déjà se pointent de gros nuages sombres. En effet, nous n’en avons pas fini avec la souffrance, la violence, les incendies, la pandémie et ses conséquences, et encore moins avec la pratique de la torture. Combattre ces fléaux demande force et persévérance.

C’est pourquoi nous espérons que vous commencerez cet été en excellente santé. Au sommaire de notre lettre mensuelle :

· nos appels mensuels avec des nouvelles de l’appel urgent européen, qui concernait la dérive martiale en Colombie ;

· les actualités de la FIACAT et de l’ACAT avec ici, le rapport CAT déposé par notre coalition d’organisations de la société civile, soumis à examen à partir du 12 juillet et là, le rapport EPU examiné par le Conseil des droits de l’homme des Nations unies,–avec le lien vers une chronique RCF.

Assurément l’action de l’ACAT est rendue possible par les bons offices de l’Esprit saint, mais aussi grâce à votre fidèle soutien. Ainsi, portez-vous bien, si possible dans la joie. Profitez bien de vos frères et sœurs, et de la profusion de l’été, mais gardez quand même une certaine prudence !

Cordialement, et merci à ceux qui nous soutiennent !

Cécile Auriol (ACAT- Belgique)

Les tortionnaires

Les tortionnaires ne sont pas toujours des sadiques ou des fous. Ils sont au départ "des gens très ordinaires" que l’on manipule.

Pour l’essentiel, ceux qui pratiquent la torture sont des agents de l’État : militaires, policiers, agents des services de renseignements, gardiens de prison. Ils sont dépositaires de l’autorité et de la force publique, et susceptibles d’arrêter et de maintenir en détention les suspects ou les condamnés. Les tortionnaires peuvent aussi appartenir à des groupes paramilitaires proches du pouvoir en place.

Un système tortionnaire ne peut reposer sur les quelques individus naturellement enclins au sadisme. Il a besoin d’un plus grand nombre d’exécutants disposés à accomplir des actes que normalement bien peu sont prêts à accomplir. Il lui faut transformer des gens ordinaires en bourreaux.

Pour cela, plusieurs conditions sont nécessaires :

L’existence d’une situation de conflit et d’une idéologie qui conforte le bourreau dans la conviction de l’utilité de son travail.

Les cruautés infligées à un groupe social sont généralement précédées d’une propagande agressive présentant les membres de ce groupe comme une menace mortelle pour l’ensemble de la société -menace dont il convient de se prémunir par tous les moyens- et comme des êtres inférieurs, à peine humains, qui ne méritent donc pas d’être traités comme des hommes. [On peut être considéré comme un sous-homme parce que l’on est : communiste, athée, musulman, noir, croate, juif, femme, tutsi, tchétchène, homosexuel, intellectuel, arabe…. La liste est longue.]

Les cruautés sont alors perçues comme un moyen de rétablir l’ordre moral ou politique, de chasser les « mauvais » et de permettre à la communauté (le clan, l’ethnie, le pays, etc.) de poursuivre son existence en paix, voire d’instaurer un monde meilleur. La destruction de l’autre étant perçue comme le seul moyen de défendre sa communauté, on devient bourreau pour protéger les siens. Les actes commis, y compris les plus atroces, paraissent parfaitement acceptables et justifiés. À l’issue de ce processus d’endoctrinement, le tortionnaire peut parfois même éprouver une certaine fierté d’avoir le courage de « faire le sale boulot ».

Dans le cadre d’un conflit armé (guerre civile ou interétatique), ce processus est renforcé par le fait que la menace est bien réelle et que les violences commises de part et d’autre entretiennent le sentiment de haine.

L’impunité

Savoir qu’une sanction est possible dissuade souvent de commettre un crime. Mais les bourreaux peuvent torturer dès lors qu’ils savent qu’ils ne seront ni poursuivis ni condamnés.

Tous les systèmes tortionnaires ont soigneusement organisé l’impunité :

  • Élimination et/ou disparition des victimes, des témoins, des archives
  • Mise au pas de la justice : aucune poursuite n’est engagée, les rares procédures n’aboutissent pas, seuls quelques lampistes sont parfois condamnés
  • Développement d’un esprit de corps : on ne dénonce pas ses collègues, on ne salit pas l’honneur de l’armée
  • Instauration de lois d’exception, proclamation de la loi martiale, de l’état de siège, de la guerre contre le terrorisme : les libertés publiques sont restreintes, les pouvoirs militaires et policiers étendus, les gardes à vue prolongées, les détentions au secret deviennent la règle.
  • Modification de la définition de la torture, par exemple en décrétant qu’on ne peut parler de torture tant qu’il n’y a pas de dommages physiques graves et irréversibles ou en jouant sur le degré de la souffrance infligée.
  • Vote de lois d’amnistie

La soumission à l’autorité

Dans les années 60, les expériences de Stanley Milgram [Stanley Milgram : « Soumission à l’autorité », Calmann Lévy, 1974. Un passage du film d’Henri Verneuil « I comme Icare » (1979) avec Yves Montand décrit l’expérience de Milgram.] à l’université de Yale ont mis en évidence que près des 2/3 des gens sont prêts à infliger des chocs électriques violents, répétés et douloureux à une personne considérée comme « désobéissante » ou « rétive » pour peu qu’on leur en donne l’ordre ; pour peu qu’ils se sentent couverts par une « autorité ».

« Certaines personnes acceptent n’importe quel travail pourvu qu’elles soient sous l’autorité d’une personne qui en supporte la responsabilité. […] Une fois que l’on a fait quelque chose (surtout quand c’est quelque chose de stupide ou qui provoque une tension), on tend à se justifier en continuant ce que l’on a fait, voire en l’amplifiant, surtout si on s’est impliqué. C’est le principe du petit compromis qui, de fil en aiguille,… mène à la compromission. »

Mais au-delà de cette propension à se soumettre à l’autorité et à justifier ses actes en affirmant « avoir obéi aux ordres », il existe des méthodes spécifiques pour former des tortionnaires. Elles sont employées par des militaires pour sélectionner et initier de futurs bourreaux.

Cette transformation de l’identité comporte quatre étapes :

  1. Les préliminaires : au début de la formation, les instructeurs mettent en valeur l’identité, la personnalité, des candidats en flattant et en mobilisant leur idéal de justice, de vérité et d’absolu et en les considérant comme porteurs des attributs d’une « virilité idéale » (fierté, dureté et obéissance).
  2. La déconstruction de l’identité initiale : les instructeurs deviennent soudain brutaux et imprévisibles, brisant ainsi les repères habituels. Les recrues sont soumises à des épreuves dures et humiliantes visant à détruire leur identité initiale, elles doivent accomplir des actes absurdes, elles sont soumises à des brutalités proches de la torture.
  3. L’affiliation à un nouveau groupe d’appartenance uni par le secret constitue l’étape suivante. Les humiliations cessent soudainement et la force, le courage et l’endurance sont à nouveau valorisés.
  4. La consécration de l’affiliation, au cours d’une cérémonie officielle, conclut le processus de formation. Les candidats ont désormais acquis une nouvelle identité au sein d’un nouveau groupe et sont considérés supérieurs aux non-initiés. L’initié et ses instructeurs sont dorénavant liés par un secret. Ils n’appartiennent plus au monde ordinaire. Ils sont des êtres à part, supérieurs, et au-dessus des lois. Désormais, leur seule fidélité va à leurs chefs.

[Source ACAT-France et FIACAT]

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